Le Bureau de gestion des grands projets (BGGP) de Ressources naturelles Canada dirige actuellement un travail de collaboration visant l'amélioration du rendement de l'ensemble du système de réglementation pour les grands projets de ressources au Canada. Un volet fondamental de cette initiative consiste à effectuer des travaux de recherche et d'analyse portant sur des orientations stratégiques, réglementaires et législatives, à court terme et à plus longue échéance, visant à améliorer le processus fédéral. En cherchant à mettre de l'avant des améliorations au système de réglementation, cette initiative analysera l'ensemble du système, du début à la fin (de l'étape précédant la soumission à celle du suivi et du contrôle).
Le BGGP a organisé, le 10 décembre 2008, à Ottawa, un atelier sur les enjeux et sur la portée de la recherche. Les objectifs de cet atelier étaient les suivants :
L'ordre du jour de l'atelier figure à l'annexe A.
Vingt-trois personnes ayant des perspectives et des expériences diverses en ce qui a trait au système de réglementation pour les grands projets de ressources ont participé à l'atelier. Parmi eux figuraient des représentants d'associations industrielles, d'organismes environnementaux non gouvernementaux, et du milieu universitaire, de même que des praticiens en évaluation environnementale. Ces participants, de même que des membres du personnel du BGGP, du milieu de la réglementation fédérale et de Stratos, ont pris part à cet atelier1 (voir la liste des participants à l'annexe B).
Ce rapport comporte un résumé des perspectives et des idées émises et mises en commun dans le cadre de l'atelier. L'atelier n'a pas été organisé à titre de consultation officielle. Il ne visait en outre pas l'atteinte d'un consensus entre les intérêts et les spécialistes participants. Par contre, le rapport fait état d'éléments de convergence issus des discussions.
Jill Baker, directrice, Recherche en politiques, a souhaité la bienvenue aux participants au nom du sous-ministre adjoint du BGGP, Philip Jennings. Mme Baker a également présenté un aperçu du BGGP, de son mandat et des objectifs de l'atelier.
Mme Baker a souligné que l'amélioration du processus réglementaire requiert une approche intégrée et fondée sur des systèmes, ainsi qu'une collaboration entre tous les organismes gouvernementaux clés détenant des responsabilités en matière de gestion des grands projets de ressources : Ressources naturelles Canada (RNCan), Environnement Canada (EC), Transports Canada (TC), Pêches et Océans Canada (MPO), Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC), l'Agence canadienne d'évaluation environnementale (ACEE), la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) et l'Office national de l'énergie (ONE)2. Le mandat du BGGP englobe l'élaboration et la mise en place d'améliorations immédiates au système de réglementation (dont bon nombre sont déjà en cours de réalisation), de même que de recherche et de stratégies en vue de la mise en œuvre d'améliorations à long terme, y compris des changements structurels au système.
Mme Baker a ensuite procédé à une brève présentation des travaux réalisés sur diverses possibilités d'orientations stratégiques pour le BGGP, en faisant état des objectifs généraux et des objectifs visés.
Pour préparer le terrain à une discussion plénière, Robert Boulden, de Boulden Environmental Consulting, a dressé un survol de l'actuel processus fédéral de réglementation. M. Boulden a présenté un aperçu des principaux actes et règlements constituant le système fédéral de réglementation et a évoqué certaines des sources de complexité qui caractérisent ce système.
À la suite de la présentation, on a tenu une discussion plénière en table ronde au cours de laquelle les éléments suivants ont été abordés : ce qui fonctionne bien, ce qui pourrait être amélioré à brève échéance et ce qui pourrait être modifié, à plus long terme, au sein du système fédéral de réglementation.
Chaque participant a présenté ses perspectives initiales par rapport à l'actuel système de réglementation, répondant à l'une des questions énoncées ci-dessus. Dans l'ensemble, les participants ont fait ressortir la nécessité d'apporter des améliorations en ce qui a trait au rendement et à l'efficacité des processus réglementaires compte tenu de l'augmentation des investissements dans l'avancement des énergies nouvelles (y compris les formes d'énergie renouvelable), dans le déploiement d'autres ressources, dans le transport et dans le développement de l'infrastructure urbaine :
Les participants se sont dits encouragés par la mise en place et le rôle du BGGP et se sont déclarés prêts à s'engager, en collaboration avec le Bureau, à améliorer davantage le système de réglementation.
Les sections qui suivent reprennent, en résumé, les principaux messages et les principales thématiques dont ont fait état les participants.
Les participants soulignent que le système de réglementation actuel ne tient pas compte des récents objectifs du gouvernement du Canada et qu'il est retardé par un manque de stratégie fédérale claire, principalement en matière de changements climatiques et de durabilité, de façon générale. D'un côté, il existe un vide en fait de politique fédérale énergétique, de même qu'au chapitre des liens entre l'énergie et l'environnement. Par ailleurs, certaines lois, comme la Loi fédérale sur le développement durable et la Loi de mise en œuvre du Protocole de Kyoto, devraient avoir une influence sur la façon dont les ministères fédéraux abordent leurs mandats réglementaires. Un participant fait ressortir que le processus réglementaire pour les grands projets est inefficace à moins de s'attaquer aux changements climatiques. Bien que de récentes commissions d'examen se soient penchées sur la viabilité écologique, un participant souligne qu'il faut officialiser les considérations liées à la viabilité écologique dans le système de réglementation.
Quelques participants font remarquer que bien que les projets doivent être scrutés sous l'angle des répercussions qu'ils sont susceptibles d'engendrer au chapitre des changements climatiques, le système de réglementation doit également se révéler efficace dans l'approbation de projets contribuant directement aux objectifs du Canada en matière climatique, comme les projets d'énergie propre et les projets d'envergure visant le transport en commun. Le fait d'améliorer l'efficacité du système de réglementation pour de tels projets aidera le Canada à atteindre ses objectifs en matière de réduction des émissions de carbone.
Un participant signale que pour certains projets, comme ceux qui portent sur le développement nucléaire, le processus réglementaire devient un forum de débat public. Ce participant souhaite davantage de clarté par rapport aux questions stratégiques connexes, afin de centrer le processus réglementaire sur le fonctionnement sécuritaire de l'industrie, en tenant compte de la dimension de la protection environnementale, dans le contexte d'une politique établie hors des processus liés aux projets.
Un participant signale que pour certains projets, comme ceux qui portent sur le développement nucléaire, le processus réglementaire devient un forum de débat public. Ce participant souhaite davantage de clarté par rapport aux questions stratégiques connexes, afin de centrer le processus réglementaire sur le fonctionnement sécuritaire de l'industrie, en tenant compte de la dimension de la protection environnementale, dans le contexte d'une politique établie hors des processus liés aux projets.
Plusieurs participants sont d'avis qu'un processus réglementaire mieux centré s'impose. Dans le cas de la plupart des projets étudiés à des fins d'approbation, seuls quelques enjeux essentiels motivent la décision et l'approbation finale. On gagnerait à améliorer le système de réglementation en veillant à ce que ces enjeux essentiels, dans la mesure du possible, soient rapidement repérés et transmis aux décideurs, afin de guider les décisions prises dans le cadre du processus réglementaire. Un participant déclare que la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale ne constitue pas un texte législatif efficace en vue de cet objectif.
Un autre participant soulève que les problèmes de moindre importance peuvent être réglés durant le cycle de vie du projet, par l'entremise d'un système de gestion de la qualité totale mis en place après les décisions portant sur l'évaluation environnementale, ou d'approbations réglementaires subséquentes plutôt qu'à l'étape de l'évaluation environnementale.
Du point de vue de bon nombre de participants, le rôle du gouvernement fédéral pour ce qui est de transmettre l'information sous-jacente à l'appui des processus réglementaires a diminué, surtout pour ce qui est de l'établissement des objectifs environnementaux et de la réalisation de la recherche nécessaire au soutien de ces objectifs. Les participants font plus particulièrement référence à la dimension de l'évaluation des effets cumulatifs et à l'état des rapports environnementaux comme étant des domaines où le gouvernement n'a pas su évoluer au rythme des besoins.
Certains participants soutiennent que les compétences techniques chez les praticiens en évaluation environnementale au sein du gouvernement fédéral gagneraient à être enrichies. Il s'agit là d'une amélioration impossible à accomplir par l'entremise de modifications législatives. Un participant précise que les praticiens du gouvernement fédéral doivent avoir de l'expérience dans la gestion de grands projets, de même qu'une connaissance des secteurs et des types de projets sur lesquels ils travaillent, de même que des compétences en ce qui a trait au processus réglementaire à proprement parler. On exprime en outre des inquiétudes par rapport au roulement de ces représentants gouvernementaux, ce qui constitue une entrave à la mémoire institutionnelle.
Quelques participants sont d'avis que les processus se situant au-dessus du niveau des projets, comme l'évaluation environnementale stratégique (EES) et les plans d'occupation du sol, devraient être renforcés et liés plus efficacement aux évaluations de projets. On s'inquiète de ce que l'EES, jusqu'ici, constitue principalement un exercice papier.
À la suite de la discussion plénière en table ronde, les participants se sont divisés en petits groupes pour discuter des questions suivantes :
Les participants ont fait ressortir diverses problématiques entravant le rendement et l'efficacité du processus fédéral de réglementation. Dans bien des cas, les participants ont élaboré sur les enjeux soulevés dans le cadre de la séance plénière du début. Certaines initiatives gouvernementales et ministérielles positives ont été évoquées comme étant des démarches contribuant à l'amélioration des processus réglementaires.
Capacités des ressources humaines
Les participants se disent inquiets du manque d'expérience et de compétence de certains praticiens du milieu de la réglementation fédérale, qui se traduit par une aversion au risque, une tendance à demander des renseignements supplémentaires, une hésitation à aller de l'avant dans les étapes du processus et une réticence à permettre au processus d'évaluation environnementale de se centrer sur quelques enjeux importants. Certains participants attribuent cette problématique en matière de capacité au roulement de personnel au sein de certains ministères et organismes. D'autres sont d'avis que les compétences sont trop disséminées parmi les ministères et les organismes fédéraux.
Capacités en matière de données et d'information
Les participants font également état d'une série de problématiques liées aux contraintes en matière d'information dans le cadre du processus réglementaire, dont le manque de disponibilité d'information et de données environnementales de référence dans les régions, le manque de clarté en ce qui a trait aux renseignements demandés aux diverses étapes du processus et l'absence de mise en commun de l'information entre les organismes. Parmi les problématiques ciblées figurent les suivantes :
Certains participants déplorent également le manque de renseignements par rapport au rendement des processus d'évaluation environnementale précédents, soulignant que si l'on disposait de tels renseignements, l'amélioration du rendement du système s'en trouverait peut-être favorisée.
Calendriers
Les participants font état de diverses problématiques liées aux calendriers et aux échéanciers des évaluations environnementales et des approbations réglementaires, notamment :
Manque d'intégration avec les processus d'aménagement du territoire et les autres processus de niveau supérieur
Certains participants déplorent des lacunes en matière de planification, de même qu'un manque de plans régionaux qui puissent constituer une base pour les évaluations cumulatives et un contexte pour les évaluations environnementales portant sur des projets particuliers. L'un des enjeux, dit-on, est l'absence de cohérence dans les processus d'aménagement du territoire d'une province à l'autre. De plus, relève-t-on, le gouvernement fédéral n'a pas le mandat d'instaurer d'exigences au chapitre de l'aménagement.
Certains participants signalent que l'évaluation environnementale stratégique (EES) et l'évaluation régionale ne doivent pas être perçues comme des panacées pour régler les problèmes actuels. Il faut plutôt trouver des façons de les intégrer ou de les lier efficacement aux processus existants.
Manque d'intégration des objectifs en matière de changements climatiques et de viabilité écologique au système de réglementation
Certains soulignent qu'il existe des lacunes considérables dans les objectifs stratégiques fédéraux en matière de changements climatiques, d'énergie et de viabilité écologique. Par conséquent, les objectifs stratégiques dans ces domaines ne sont pas officiellement intégrés à l'actuel système fédéral de réglementation. Une suggestion particulière a été émise, à savoir, la possibilité d'intégrer aux énoncés des incidences environnementales (EIE) les avantages et les répercussions en matière de changements climatiques et de viabilité écologique.
Certains participants indiquent que l'évaluation environnementale stratégique (EES) pourrait contribuer à cibler les enjeux fondamentaux au tout début du processus de réglementation pour les grands projets.
Les participants élaborent sur la distinction entre la cohérence et du système de réglementation par rapport aux politiques actuelles et la façon de traduire celles-ci dans le système et, notamment, la façon d'insérer les enjeux stratégiques dans les évaluations environnementales de projets. Certains se disent inquiets des débats d'orientations qui surviennent dans le cadre du processus d'évaluation environnementale. Il s'agit d'ailleurs là d'un élément soulevé tout au long de l'atelier.
Manque d'intégration au système de réglementation des droits des Autochtones et de l'exigence de consultation prévue à l'article 35
Certains participants évoquent ce qu'ils qualifient de « manque de respect », dans le système de réglementation pour les grands projets, à l'endroit des dispositions constitutionnelles et des décisions de la Cour suprême du Canada au chapitre des droits des Autochtones. De plus, le processus d'évaluation environnementale ne fait pas suffisamment usage des connaissances autochtones traditionnelles. On suggère plus de clarté dans l'application des exigences de consultation prévues à l'article 353, tant dans le cadre de l'évaluation environnementale que des autres processus réglementaires fédéraux.
Chevauchement et manque de coordination
Plusieurs participants soulèvent la problématique du chevauchement entre les organismes, ainsi que dans le cadre du traitement des dossiers (p. ex., les consultations de la Couronne) entre le processus d'évaluation environnementale et les processus réglementaires subséquents. Certains participants perçoivent également un manque de mise en commun et de confiance mutuelle entre les organismes fédéraux.
Des participants se disent en faveur d'une utilisation plus répandue de la disposition de substitution prévue dans le processus fédéral d'évaluation environnementale, en vertu de laquelle le processus d'évaluation environnementale (et non la décision) est confié à une plateforme législative et à un organisme mieux appropriés. À titre d'exemple, on évoque l'évaluation du projet de pipeline Emera Brunswick par l'Office national de l'énergie (plutôt que par l'entremise du processus de l'ACEE).
Certaines actuelles et récentes initiatives du gouvernement fédéral ont été qualifiées de démarches positives en vue de l'amélioration du processus fédéral d'évaluation réglementaire. Plusieurs participants ont souligné les démarches entreprises jusqu'ici par le BGGP et le Comité des sous-ministres en matière de grands projets en vue d'améliorer le système de réglementation. Parmi les autres initiatives actuelles et projetées constituant des démarches positives en vue d'améliorer le système figurent les suivantes :
Les participants se sont divisés en petits groupes pour discuter des besoins en matière de recherche liés aux questions suivantes :
Les participants ont ciblé les activités et les enjeux suivants en matière de recherche à court terme :
Les participants ont également ciblé les activités et les questions suivantes en ce qui a trait à la recherche à plus longue échéance :
Pour préparer le terrain en vue de cette discussion, Robert Connelly, de Connelly Environmental Assessment Consulting, a présenté un aperçu comparatif des déclencheurs et de la prise de décision dans le cadre des EIE à plusieurs endroits (tous étant des fédérations), soit en Autriche, en Australie, en Allemagne, en Inde, en Suisse, aux États-Unis, dans l'Union européenne et au Canada.
Les participants se sont penchés, en petits groupes de discussion, sur les questions suivantes :
Les participants ont reconnu les forces et les faiblesses des déclencheurs fédéraux du Canada et de l'approche sous forme de liste que l'on utilise ailleurs.
Les groupes de discussion ont fait ressortir une diversité d'enjeux liés à l'approche du Canada quant aux déclencheurs :
Certains participants considèrent logique l'approche actuelle en matière de déclencheurs, soutenant que celle-ci capture tous les domaines de compétence fédérale. Cependant, d'autres soulignent que le déclencheur lié au financement, plus particulièrement, peut engendrer un chevauchement avec les autorités provinciales. On suggère que le déclencheur lié au financement soit réévalué et que l'on envisage la possibilité de limiter ce déclencheur aux EES.
Plusieurs participants se disent ouverts par rapport à l'idée d'une approche par liste, à l'instar de ce qui se fait en Australie et aux États-Unis, non sans évoquer, toutefois, les mises en garde suivantes :
De nombreux participants profitent de l'occasion pour aborder certaines lacunes de l'actuel processus réglementaire, fondé sur une approche d'autoévaluation, en adoptant un modèle unique de prise de décision. On évoque les avantages éventuels suivants :
Certains participants précisent qu'ils ne sont en faveur d'un modèle unique de prise de décision que dans la mesure où celui-ci engendre bel et bien une augmentation de l'efficacité, ainsi que le maintien ou l'amélioration du rendement du système, et non un transfert de responsabilités à des tiers.
Les participants reconnaissent également les éventuels désavantages d'un modèle unique de prise de décision. L'organisme créé pourrait devenir très gros et très inefficace et engendrer des conflits de compétence avec les provinces. Certains participants soulignent qu'un tel modèle unique de prise de décision fonctionnerait mieux s'il comportait une liste assez brève de projets d'inclusion (projets de haut niveau). Le coordonnateur fédéral des évaluations environnementales de l'ACEE pourrait jouer un rôle dans la prise de décisions dans le cadre de ce modèle.
D'autres idées sont également émises en ce qui a trait à la prise de décision :
Certains sont d'avis que la réalisation des évaluations environnementales devrait relever de la responsabilité de tous les promoteurs, à l'instar du modèle australien. Toutefois, d'autres expriment des inquiétudes quant à l'éventuel manque de surveillance ou d'analyse indépendante des décisions qui seraient prises dans le cadre d'un tel système.
Quelques participants suggèrent qu'à l'avenir, toute décision liée au choix de l'approche de prise de décision la plus appropriée en matière d'évaluation environnementale (autoévaluation ou organisme unique de prise de décision) soit fondée sur une analyse plus complète du cadre réglementaire. À leur avis, il importe en premier lieu de régler les autres enjeux, comme les déclencheurs.
Pour préparer le terrain à cette discussion, Robert Connelly présente un aperçu des effets cumulatifs et des évaluations régionales, abordant notamment les exigences de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale (LCEA) concernant les effets cumulatifs, les enjeux en matière d'évaluation des effets cumulatifs au niveau du projet et les éventuels avantages et répercussions de la réalisation d'évaluations régionales.
Dans le cadre de la discussion plénière qui a suivi, on souligne qu'il n'y a pratiquement pas eu de décisions des tribunaux ayant eu pour effet de définir davantage les effets cumulatifs en vertu de la LCEA. Un participant a également signalé que comme l'interconnexion constitue une dimension fondamentale de la plupart des cultures autochtones, les systèmes et les approches autochtones pourraient fournir de bonnes pistes en vue de la compréhension et de la définition des effets cumulatifs.
Les participants se sont penchés, en petits groupes de discussion, sur les questions suivantes :
Les participants se sont déclarés très en faveur des évaluations régionales. Outre les avantages éventuels évoqués dans la présentation, les participants perçoivent les évaluations régionales comme étant des occasions :
Les participants, de façon générale, considèrent que le gouvernement fédéral devrait jouer un rôle dans les évaluations régionales impliquant la planification de grands projets. Toutefois, les points de vue divergent quant à la nature de ce rôle. Certains sont d'avis qu'il doit principalement s'agir d'un rôle-conseil dans les domaines où le gouvernement a des compétences relevant d'un mandat particulier (p. ex., les parcs nationaux, les pêches) ou d'une responsabilité comme les obligations fiduciaires à l'endroit des peuples autochtones. D'autres envisagent un rôle de gestion supplémentaire, en vue d'assurer la cohérence du suivi et de la diffusion de l'information. Des participants soulignent également que le rôle du gouvernement fédéral pourrait varier d'un endroit à l'autre et qu'il devrait être établi en fonction de la pertinence d'une collaboration fédérale.
La plupart des participants considèrent qu'il y aurait lieu de simplifier les évaluations au niveau des projets lorsqu'une évaluation régionale est entreprise. Seules quelques personnes, toutefois, évoquent la possibilité d'éliminer les évaluations au niveau des projets. Certains soulignent que si une évaluation régionale a été effectuée, l'évaluation au niveau du projet, dans la région visée, devrait être axée sur des mesures d'atténuation directement liées au projet.
Les avis sont partagés sur la nécessité ou non d'un lien législatif entre les évaluations régionales et les évaluations au niveau des projets. Certains participants suggèrent que les évaluations régionales soient réalisées en coordination avec une grande variété d'intervenants. Selon d'autres, les incitatifs d'ordre non législatif liés à la réalisation des évaluations régionales (p. ex., une meilleure efficacité dans le cadre des évaluations de projets, une meilleure base de données de référence et de meilleures relations avec les intervenants) suffiraient. Certains estiment qu'un lien législatif constituerait un meilleur incitatif et ciblerait les responsables de l'évaluation régionale. Ces participants suggèrent également un partage des responsabilités entre le gouvernement et l'industrie. Toutefois, on signale que dans les Territoires-du-Nord-Ouest, le lien législatif entre les plans d'aménagement et les évaluations de projets n'est pas toujours efficace et que l'on observe des réticences par rapport à l'approbation des plans d'aménagement en vue d'éviter les liens avec les projets.
Les participants appuient les objectifs et l'approche du BGGP, de même que les mesures à court terme entreprises jusqu'ici en vue de l'amélioration du processus fédéral de réglementation pour les grands projets de ressources.
L'atelier confirme la compréhension actuelle de certains aspects fondamentaux à améliorer, tels :
Les participants ont ciblé certains aspects à améliorer dans le cadre du processus fédéral de réglementation pour les grands projets. Parmi les principales thématiques issues des discussions de l'atelier figurent les suivantes :
Nécessité de se centrer sur les enjeux fondamentaux
Plusieurs participants sont d'avis qu'un processus réglementaire mieux centré s'impose. Il faut un processus dans le cadre duquel on ciblera quelques enjeux fondamentaux dès le départ, pour ensuite les transmettre aux décideurs, en vue de guider les décisions prises dans le cadre du processus réglementaire. Cette nécessité de se centrer sur les enjeux fondamentaux est principalement évoquée comme étant une question d'efficacité, qui aurait également pour effet une amélioration du rendement.
Lacunes en matière d'orientations stratégiques : changements climatiques, énergie et viabilité écologique
Le processus fédéral de réglementation doit être bien arrimé. Il doit en outre viser, officiellement et explicitement, les objectifs stratégiques fondamentaux liés aux changements climatiques, à l'énergie et à la viabilité écologique, de façon plus générale. On reconnaît qu'il existe actuellement des lacunes en matière d'orientations stratégiques dans ces domaines, lacunes susceptibles d'affaiblir le rendement et l'efficacité du processus réglementaire de révision.
Le rôle du gouvernement fédéral dans la production de données et d'information d'ordre environnemental
De nombreux participants considèrent que le gouvernement a notamment comme rôle fondamental de fournir de l'information et des données complètes, fiables et normalisées sur l'état de l'environnement, de même que de fixer des normes environnementales. Ce rôle, soutiennent-ils, doit être renforcé.
Compétences des praticiens fédéraux en évaluation environnementale
On constate un manque de capacités et de compétences techniques chez les praticiens fédéraux en évaluation environnementale en ce qui a trait aux connaissances relevant particulièrement de régions, de projets et de secteurs donnés. On signale des exceptions, comme les compétences et l'approche régionale du MPO. Le manque de compétences, dans certains cas, rend les praticiens réfractaires au risque, ce qui se traduit par une lenteur du processus de prise de décision et une difficulté à se centrer sur l'essentiel.
Les participants énumèrent divers besoins en matière de recherche stratégique, à court et à long terme, en appui à l'amélioration du processus fédéral de réglementation pour les grands projets de ressources, dont les suivants :
À court terme
À plus longue échéance
À la fin de l'atelier, les participants se sont dits désireux de s'engager davantage, en collaboration avec le BGGP, en vue de l'amélioration du processus fédéral de réglementation pour les grands projets de ressources.
ATELIER SUR LES ENJEUX LIÉS À L'AMÉLIORATION DU SYSTÈME FÉDÉRAL DE
RÉGLEMENTATION ET SUR LA PORTÉE DE LA RECHERCHE
Centre de recherches pour le développement international (CRDI)
salle de conférence Pearson
8e étage, 150, rue Kent, Ottawa (Ontario)
Le 10 décembre, de 8h 45 à 16 h 15
Le Bureau de gestion des grands projets (BGGP) de Ressources naturelles Canada dirige actuellement un travail de collaboration visant l'amélioration du rendement de l'ensemble du système de réglementation pour les grands projets de ressources au Canada. Un volet fondamental de cette initiative consiste à effectuer des travaux de recherche et d'analyse portant sur des orientations stratégiques, réglementaires et législatives, à court terme et à plus longue échéance, visant à améliorer le processus fédéral. En cherchant à mettre de l'avant des améliorations au système de réglementation, cette initiative analysera l'ensemble du système, du début à la fin (de l'étape précédant la soumission à celle du suivi et du contrôle).
8 h 45 Mot de bienvenue
(Jill Baker, au nom du sous-ministre adjoint du BGGP, Phillip Jennings)
9 h Aperçu de la recherche stratégique liée au BGGP
(Jill Baker, directrice du BGGP)
9 h 15 Le processus fédéral de réglementation : aperçu du système actuel
(Robert Boulden, Boulden Environmental Consulting)
9 h30 Discussion sur les actuels processus de réglementation (plénière)
Le résultat escompté en matière d'amélioration du système fédéral de réglementation consiste en l'obtention d'un système efficace, rentable, responsable, transparent, diligent et prévisible.
Dans le cadre de l'actuel système fédéral de réglementation :
10 h Questions réglementaires essentielles sur lesquelles doit se pencher le BGGP (en petits groupes)
10 h 45 Pause
11 h Besoins en matière de recherche liée à des problématiques fondamentales en matière de réglementation (petits groupes)
11 h 45 Rapport des discussions en petits groupes de l'avant-midi
12 h 15 Dîner
13 h Approches des fédérations en matière d'EIE : discussion sur les approches en ce qui a trait aux déclencheurs et à la prise de décision
(Robert Connelly, Connelly Environmental Assessment Consulting)
13 h 15 Discussion sur les approches adoptées à l'étranger : des leçons pour le Canada (petits groupes)
14 h 15 Effets cumulatifs et évaluation régionale (plénière)
(Robert Connelly, Connelly Environmental Assessment Consulting)
14 h 30 Discussion sur les effets cumulatifs et l'évaluation régionale (petits groupes)
Les évaluations régionales offrent la possibilité d'améliorer l'évaluation des effets cumulatifs par l'entremise de seuils et de plans d'aménagement pour différents scénarios de développement.
15 h 30 Pause
15 h 45 Rapport des discussions en petits groupes de l'après-midi
15 h 15 Conclusions et étapes à venir
Mme Jill Baker, Ressources naturelles Canada
M. Jeff Barnes, Jacques Whitford
M. Robert Boulden, Boulden Environmental Consulting Mme Kathleen Cavallaro, Ressources naturelles Canada
M. Len Coad, Conference Board du Canada
M. Michael Connell, High Park Group
M. Robert Connelly, Connelly Environmental Assessment Consulting
M. Roger Constantin, Ressources naturelles Canada
M. Steve Coupland, Association nucléaire canadienne
M. Mark Dallaire, Commission canadienne de sûreté nucléaire
Mme Ginny Flood, Pêches et Océans Canada
Mme Cathy Gee, Pêches et Océans Canada
Mme Jennifer Grant, Institut Pembina
Mme Bonnie Gray Wallace, Wolfwillow Inc. Consulting
M. George Greene (animateur), Stratos
M. Pierre Guimond, Association canadienne de l'électricité
M. Steven Hazell, Sierra Club Canada
M. David Huggill, Association canadienne de l'énergie éolienne
Mme Lisa Jackson, Ressources naturelles Canada
Mme Brenda Kenney, Association canadienne de pipelines d'énergie
Mme Heidi Klein, Gartner Lee
Mme Arlene J. Kwasniak, Université de Calgary
Mme Ginnette Lajoie, Autorité régionale crie
Mme Justyna Laurie-Lean, Association minière du Canada
M. John Masterson, Association canadienne des producteurs pétroliers
M. Bram Noble, Université de la Saskatchewan
M. James O'Mara, Metrolinx Mme Kim Pawley, Transports Canada
M. Stefan Reinecke (animateur), Stratos
M. William (Bill) Ross, Université de Calgary
Mme Ila Smith, Agence Parcs Canada
M. Tim Smith, Agence canadienne d'évaluation environnementale
M. Robert Steedman, Office national de l'énergie
Mme Elizabeth Swanson, TransCanada PipeLines
M. Al Vachon, Agence canadienne d'évaluation environnementale
Mme Peigi Wilson, LL.B., avocate et procureure
M. Ed Wojczynski, Association canadienne de l'hydroélectricité
M. Bruce Young, Agence canadienne d'évaluation environnementale
1Parmi les commentaires émis quant à la provenance des participants et à la nature de l'atelier figurent les suivants :
2Ces organismes sont signataires du Protocole d'entente sur l'amélioration du système de réglementation pour les grands projets de ressources.
3La common law a interprété l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 confie à la Couronne une obligation fiduciaire à l'endroit des Premières nations. Les tribunaux ont déterminé que cette obligation fiduciaire nécessitait l'engagement des gouvernements fédéral et provinciaux dans le cadre d'une démarche de consultation significative avec les peuples autochtones avant toute prise de décision susceptible d'avoir des répercussions sur leurs droits d'autochtones ou sur leurs droits issus de traités. L'absence de consultation à toutes les étapes d'un projet ou d'une évaluation environnementale est considérée comme une violation de l'article 35.